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Rencontre du président de la CPME de l'île de la Réunion
10/07/2017


 À l’occasion de l’anniversaire des 40 ans du CESC, le Président de la CPME de Polynésie française et le Vice-président ont rencontré Monsieur Dominique Vienne, chef d’entreprise et Président de la CPME de la Réunion.
 
Vous trouverez ci-après un portrait de  Dominique Vienne établi par Benjamin Postaire
 
Dominique Vienne est un chef d’entreprise. Il préside aussi la CGPME Réunion depuis six ans. C’est avant tout un passionné. Passionné par son île, les hommes qui la peuplent et font, chaque jour, son économie. Lui, s’efforce d’y insuffler une dynamique collective. Avec Dominique Vienne, pas de doute, l’économie est vivante. Portrait.
 
 « Faire les choses, c’est se réaliser ». Il n’a pas besoin de le dire ça saute aux yeux : Dominique Vienne est un homme d’action. Même lorsqu’il parle, assis, il est en mouvement. Physiquement, puisque ses idées sont quasiment toujours illustrées par des gestes, mais également dans son discours, sans cesse en évolution, jamais figé. Une énergie incandescente, animée par des convictions, et au service d’une cause : une économie réunionnaise portée par ses savoir-faire locaux.
 
Cette cause, il l’épouse en juin 2010 lorsqu’il prend la présidence de la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), succédant à Pascal Thiaw-Kine. « Pascal m’a donné envie de rejoindre la CGPME à travers le discours qu’il portait », se souvient Dominique Vienne. « Dans toute stratégie, les idées sont certes importantes, mais il n’y a que les actions qui les légitiment ». Aussi, à peine quatre mois plus tard, il signe avec le Conseil Général la première convention SBA (Small Business Act dénommée à la Réunion Stratégie du Bon Achat) et pose, déjà, la première pierre du grand édifice qu’il imagine.
Prendre le cadre réglementaire comme une opportunité de faire de l’acte ordinaire d’achat public un acte fort de développement économique, par les entreprises et leurs savoir-faire locaux. Il va devenir le fil rouge de son action à la CGPME Réunion. Et chaque nouvelle étape le rapproche un peu plus de l’objectif initial : « casser les barrières et croyances, rendre l’accès aux marchés publics équitable pour les TPE/PME réunionnaises ».
 
Un jeu, une philosophie
 
Six ans plus tard, le chemin parcouru est vertigineux. De nombreux SBA ont été signés et une association, regroupant 14 organisations patronales (dont la CGPME Réunion), l’ensemble des signataires de marchés publics des collectivités et prochainement des opérateurs comme le CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale), a été créée pour généraliser le recours au SBA.
Mieux encore, la récente Loi pour l’Egalité Réelle votée il y a quelques jours, introduit dans son article 19, à titre expérimental pour les collectivités d’Outre-mer, la possibilité de réserver 30% de chaque appel d’offres public aux TPE-PME pour une durée de cinq ans.
« Il s’agit là de la rencontre entre un cadre législatif qui donne légitimité aux donneurs d’ordre publics et d’une méthodologie éprouvée qui paye depuis six ans déjà. Cette rencontre permet aux TPE/PME, aux savoir-faire locaux, d’avoir accès à la commande publique. »
Pour Dominique Vienne, le SBA comme l’article 19, créent les conditions de maximisation des retombées économiques locales de la commande publique. Cela se traduit de façon pérenne, par des investissements, fiscalité, innovation et emplois locaux.
 
Une fierté pour Dominique Vienne, mais pas une fin en soi. Car, il en est persuadé, beaucoup d’outils pour le développement de l’économie réunionnaise existent déjà, encore faut-il avoir la volonté et la persévérance de les utiliser. « Aucune loi ne jaillira avec les réponses à l’ensemble des maux de l’Outre-mer. En revanche, chaque jalon doit permettre de travailler ensemble pour avancer dans la bonne direction ». L’action, toujours. Et cette fois, c’est le jeu de Go installé sur la table de son bureau qui servira pour joindre le geste à la parole. Un jeu qui le passionne et dont il tire une morale philosophique : « C’est un jeu de coexistence où l’autre est une force adverse et non un adversaire. C’est le jalonnement et l’enchaînement du jeu qui permet d’arriver à son but ultime ».
 
Petit-fils d’agriculteurs de Saint-Joseph, il revendique fièrement cette « démarche de bon sens paysan ». « Il faut d’abord labourer le sol pour le rendre fertile. C’est une tâche longue et laborieuse mais nécessaire », explique-t-il. Là encore, l’analogie est évidente avec la « stratégie de bon achat » qu’il souhaite de toutes ses forces pour La Réunion. « De nombreux territoires de métropole développent l’économie de proximité qui permet, pour 1€ investi, d’en récupérer 3. Nous avons donc les outils, il faut maintenant avoir la conviction que c’est nécessaire, possible, et l’ambition de l’organiser ».
 
Pour des Réunionnais fiers… de leur économie
 
De l’ambition, Dominique Vienne n’en manque pas. Pour lui, probablement, mais surtout pour son île. Resté 20 ans en métropole, il avoue s’être parfois senti « déraciné ». Et puis, « quand on revient, on aime encore plus son territoire ». Son territoire, mais également les hommes qui y vivent. « Il faut oser et entreprendre avec audace. Cette audace, elle a toujours existé dans l’âme des Réunionnais. Mais il n’y a pas d’ambition pour la Réunion s’il n’y a pas d’ambition de Réunionnais. Il faut oser la Réunion, oser Péi !». L’humain et l’économie comme un tout indissociable. Nous affirmons « Not’ patrimoine », « not’ culture », mais il manque « not’ économie », ajoute-t-il. Les Réunionnais doivent AUSSI être fiers de leur économie ».
 
Lui, en tout cas, n’a aucun complexe. Pas avare d’idées, il lance, sans détour : « Les outre-mer sont le porte-avion du futur économique de la France. Aussi, rebaptisons le ministère des Outre-mer en ministère de l’Expansion française ». Puis développe : « Pour cela, il faut, à La Réunion, un représentant du ministère de l’Économie et du ministère des Affaires étrangères pour traiter directement avec les pays de la zone. Notre territoire doit être le hub de développement des entreprises françaises vers l’Asie et l’Afrique. ». Là encore, fierté et identité sont au cœur du jeu :
« Ultra-marins est un terme qui évoque quelque chose de petit et loin. Nous sommes la France océanique !».
 
En décembre, la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, va organiser une journée sur l’ancrage territorial de la commande publique à travers le SBA pour l’ensemble des outre-mer et faire rayonner cette pratique sur la France métropolitaine.
 
« Nous avons aussi de belles choses à partager. Penser globalement, agir localement. » Et, pas à une surprise près, il cite Victor Hugo pour l’illustrer : « La forme, c’est le fond qui remonte à la surface ».
 
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